La cité médiévale de Pérouges

Cité médiévale de Pérouges

La cité médiévale de Pérouges est un lieu chargé d’histoire. D’abord Histoire avec un grand H, celle des seigneurs, des conflits de territoire, de la constitution de la France. Histoire économique ensuite qui faillit voir la disparition de ce chef d’oeuvre. Histoire des traditions bressanes enfin.

Je vous invite aujourd’hui à me suivre dans ces rues pavées à la recherche d’un temps révolu qui résonne pourtant encore dans la mémoire des vieilles pierres.

De la prospérité à l’abandon

La cité médiévale de Pérouges a été construite sur un promontoire permettant à cette fortification de dominer la plaine de l’Ain. Les vestiges du château datent du XII° siècle. Initialement au main d’un vassal des comtes de Forez et de Lyon, le seigneur d’Anthon, la place forte va passer de mains en mains à cause des conflits opposant les sirs de Villars aux comtes de Savoie. Dauphinoise au début du XIV° siècle, elle passe aux mains des comtes de Savoie de 1354 jusqu’en 1601. A cette date (règne d’Henri IV), le traité de Paris rattache la Bresse, la Dombe et le Pays de Gex à la France.

De ces conflits, on retiendra l’incroyable résistance de Pérouges au siège des Dauphinois en 1468. Toutes les places fortes de la région étaient tombées sauf la cité de Pérouges. Pour remercier les habitants, le comte de Savoie les exempta d’impôts pendant 20 ans. Une contrepartie tout de même : édifier une église et réparer les fortifications.

La cité médiévale de Pérouges est un point de passage entre Lyon, Genève. Tout comme Lyon, elle en tire avantage par un dynamisme économique important. L’artisanat et notamment le tissage du chanvre en font une place commerciale reconnue. Malheureusement, le XIX° siècle et l’apparition de l’industrie vont conduire Pérouges au bord de la destruction.

En effet, les habitants quittent le lieu pour se rapprocher des grandes villes et des industries textiles. Au tournant du XX° siècle, Pérouges ne comptait plus que 10 habitants ! Un projet de destruction et alors envisagé. Mais en 1911, est créé le comité de sauvegarde et de défense du vieux Pérouges dans lequel Edouard Herriot s’investira.

La restauration de la cité médiévale, sa médiatisation via le cinéma et le festival du printemps de Pérouges en font aujourd’hui un village attrayant. Classé parmi les « plus beaux villages de France », Pérouges attire désormais de très nombreux touristes.

Une architecture particulière

Vous vous en doutez, un village comme la cité médiévale de Pérouge est marqué par l’histoire. La reconstruction du village a respecté le visage originel de la cité.

Outre les maisons en galets, traditionnelles de l’Ain et du nord Isère, la cité présente quelques constructions à colombages. Seules les encadrements des portes et fenêtres sont en pierre de taille. Plusieurs photos (ci-dessus) montrent par ailleurs des fenêtres à meneaux et fenêtres avec linteau décoré typiques des maisons des notables (cf article sur l’Arbresle). Ce sont donc des matériaux locaux qui ont été utilisés pour construire.

Parmi les belles demeures de Pérouges, se trouve la maison des Princes, ancienne demeure des comtes de Savoie. Elle se démarque des autres bâtisses par des ouvertures plus larges et des cheminées majestueuses.

La cité forte se structure autour d’une voie circulaire qui correspond à l’ancien rempart auquel se sont adossées des maisons. A l’intérieur, la place du Tilleul structure la vie de la communauté. L’édification ultérieur de l’église créé une seconde place à l’entrée du village.

Des traditions qui se perpétuent

Saviez-vous que le Saint patron de la cité médiévale de Pérouges est Saint Georges ? Non ? Et bien la légende raconte qu’il aurait combattu le dragon au sein même de l’église-forteresse. Pour le remercier, les habitants perpétuent la tradition de défiler en procession chaque 23 avril, jour de la Saint Georges.

Une autre tradition se perpétue depuis le Moyen-âge : la confection de la galette au sucre. Cette pâte à pain légèrement briochée recouverte de beurre fondu sur lequel on vient saupoudrer un peu de sucre est un incontournable. On la faisait cuire dans le four banal le dimanche après avoir cuit les plats de viande et de légume ainsi que les miches de pain pour la semaine. Aujourd’hui, quelques amoureux restaurent et remettent en route le four banal dans quelques communes de l’Ain. Cette douceur, vous pouvez aujourd’hui la retrouver jusqu’à Lyon où elle concurrence la tarte aux pralines. Toutefois, rien ne vaut celle de Pérouges qui a un indéfinissable goût d’aventure…

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! A bientôt pour de nouvelles aventures en terre lyonnaise.

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